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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 12 juillet 2012

Les midis du sang



HOMMAGE À JEAN FANCHETTE

Né à l’île Maurice en 1932, Jean Fanchette a publié à Paris, où il a vécu, plusieurs recueils de poésie qui lui valurent le prix Paul Valéry en 1956 et le Prix Fénéon en 1958. Psychanalyste de métier, il a aussi fondé et dirigé la revue de littérature bilingue : Two Cities, où il a fait connaître les oeuvres de Henry Miller, Lawrence Durrell, Anaïs Nin, William Burroughs, etc. Il est mort à Paris en mars 1992.


Les midis du sang
Fleur d’automne pour le tombeau de Robert-Edward Hart.

Midis échevelés
que ma mémoire emmure
Vos ombres emmêlées
ont aboli l’Azur

Le tzigane aux blés mûrs
de l’automne exilé
Pleure dans les ramures
rouges d’un sang scellé

Savanes que mitraillaient alors parricides
Soleils et cigales disséquant le silence
Indienne mer éparse au long des devenirs

Dites-moi maintenant vers quel prochain suicide
Court la meute hurlante d’inconnus souvenirs
Vers quel ombreux bief de désespoir l’enfance ?
(Novembre 1954)

Publié chez Stock en 1993, quelques mois après la mort de l’auteur, puis en 2009 aux Editions Philippe Rey, L’Ile Equinoxe rassemble l’essentiel de l’œuvre poétique de Jean Fanchette. Des textes sélectionnés par l’auteur, rassemblés et présentés selon ses vœux, puisqu’il avait prévu leur parution sous ce titre aux Editions Two Cities.

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