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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


lundi 16 juillet 2012

Engeance criminelle


Je parle,
Trop
Je parle encore,
Et Mes mains enlèvent ton visage endormi
Enfin,
C’est ce que je crois.
Puis, je me suis tu
Je
Ne te regarde plus
Les yeux fermés
Je t’imagine seulement
Je respire dans ma main
Les yeux clos
Ma propre odeur
Sa propre chaleur
Qui me vient d’elle
Je me suis tu
Pour ne penser qu’à toi
A l’instant j’ai fait de moi
Un criminel
Qui n’imagine que toi ;
Moi versé
Au parfum proféré de ton corps.
Le relent de ton odeur
Soulève de sanglots
Ma poitrine
Mon nez, ma bouche
S’abandonnent
A l’infernal duvet
De tes organes sensibles.
Est-il possible que je t’aime ?
La morsure de ma propre lèvre
Excite mes sens.
Dans ton ventre,
Le couteau fatal.
Après ce crime
Ai pitié de moi,
Dans le secret de ta chaire
Morte.
Je peux partir.
Avec sur mon dos
Maintenant
Le lourd fardeau
De l’innocent ami.
En cet instant compassé
Ulcéré
Le couteau
Rouille
En secret
Des sangs.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

tel un poème de Rustebuef
Poète du Moyen Âge, français , né à une date inconnue, dans les premières décennies du XIII siècle, avant 1230 - mort v. 1285 )

Votre écrit fort, érotique me saisit !
Les mots inscrits, choisis, préférés à mille autres se succèdent aux rythmes des questions
qu'ils soulèvent ?
Seul, vous savez
texte qui pourrait
être apparenté à "mauvais genre"
vous avez su y doser les symboles :
la lame, les exsudats, les organes, la couleur, l'excès pour traduire solitude et violence de l'instant.
GeM

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