Pages






Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


mercredi 27 juin 2012

Les secrets d'une casting director


Dans votre livre, vous n’occultez rien des difficultés du métier d’acteur…
Le public a une idée fausse car il ne voit que les acteurs qui vivent de leur métier. Mais il n’imagine pas ce désespoir épouvantable qui traverse la profession. J’exhorte les débutants à ne pas attendre que le téléphone sonne car il ne sonnera pas. Qu’ils montent des petits spectacles, assurent la régie, bref, restent dans l’énergie du travail ! Si, à 30 ans, un acteur ne tourne pas trois fois par an, il doit envisager autre chose. Si, au même âge, une actrice n’est pas connue, elle est terminée pour le cinéma. De toute façon, pour les femmes, à partir de 40-45 ans, les rôles disparaissent.

Vous les incitez à recourir à la chirurgie esthétique ?
Ah non ! Une petite piquouze, d’accord. Plus, ça se voit ! Catherine Deneuve, par exemple, n’est-elle pas allée un peu loin ? Je comprends que les actrices n’aient pas envie de vieillir, leur beauté et leur jeunesse sont leur fonds de commerce. Mais un visage botoxé n’a plus d’expression. Ce que Polanski exprime par : « Je ne veux pas de faces de lune.  » Il faut entendre les metteurs en scène : « Ah non, elle est trop refaite, c’est pas possible. » Et les mêmes face à des actrices qui ont refusé le bistouri : « Elle est vachement tapée, t’a vu ? » Et ne croyez pas que les femmes metteur en scène ont la dent moins dure.
Qui avez-vous repéré ? Défendu ?
Alice Taglioni ou Marie Gillain pour « Mon père, ce héros » Je me suis battue pour que Marion Cotillard, alors inconnue, ait un rôle important dans « Lisa », de Pierre Grimblat. Je me souviens de Sophie Marceau pour « la Boum », une petite chose mal dans sa peau de 13 ans et demi. Et puis le papillon qui s’envole… D’une justesse de ton époustouflante qui vous laisse sans voix dès que je lui donne une scène à lire. Je vois encore Cécile de France au spectacle de fin d’année de l’Ensatt à Lyon, raie au milieu, physique pas très intéressant mais lumineuse sur scène. Ou Juliette Binoche que j’ai repérée à sa sortie du conservatoire alors que, franchement, des filles dans ce genre, on en croisait 40 000 dans la rue.

« Casting director. Un métier de l’ombre », de Françoise Ménidrey (éditions Pygmalion) ■

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire