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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 5 avril 2012

Hafid Aboulahyane (Hafid Good)


Hafid Aboulahyane
un sensible ciné-man

Jeudi 5 avril 2012 | Posté par Claire Diao |

Hafid Aboulahyane

Surnommé Hafid Good durant la Coupe du monde 98 pour avoir trop chanté James Brown, Hafid Aboulahyane est un réalisateur dopé par ses blessures professionnelles. Intérêt Général, son court-métrage d'incitation au vote, est diffusé ce soir dans l'émission Libre Court sur France 3, à 00h45.

« J’étais un autiste de l’Éducation nationale. Ce qui m’a sauvé, c’est l’art et la passion. » Ainsi se décrit Hafid Aboulahyane – alias Hafid Good – lorsqu’on l’interroge sur son parcours. Yeux rieurs, énergie débordante, ce réalisateur n’a pas peur de puiser dans ses failles.
« Tout ce que j’entreprends, je le fais par rapport à des blessures professionnelles. Si on me dit “Tu seras un bon à rien“, je crée une association. “T’es pas capable de gérer de l’argent“ je crée une boîte de production. “T’es incapable de vendre tes films“, je coproduis avec France Télévisions. »

Pour Hafid, le monde du travail est fait de rencontres et de connections : « Entre l’école et la vie, c’est le jour et la nuit. ». Il travaille sans relâche car « rien n’est jamais acquis » et s’énerve de l’hypocrisie des gens : « T’as beau avoir du talent, si t’as pas de réseau, ça ne marchera pas. »

Fan de John Cassavettes (« pour sa manière instinctive de diriger les acteurs »), d’Ettore Scola, de Matthieu Kassovitz « ces dernières années » , de Jean Renoir, d’Henri Duparc et de Raoul Peck, Hafid aime réaliser des comédies sentimentales et interpréter des marginaux. SDF dans son film Le Forum (2007), handicapé dans La marche des crabes (2009)… Ces rôles sont une métaphore de la société d’aujourd’hui : « On est toujours considéré comme le fils d’immigré, le Français d’ailleurs. C’est le pétage de plombs. » Et affirme, tranchant : « La schizophrénie est la grande maladie du XXIe siècle. »
Dans son dernier court-métrage intitulé Intérêt Général, Hafid réunit des jeunes femmes et les fait débattre autour de leurs intentions de vote. Intéressé par la citoyenneté depuis son premier court-métrage, Le forum, il se demande comment inciter au vote et écrit un scénario « J’ai eu envie de réunir trois femmes d’origines différentes qui représentent la France d’aujourd’hui et qui n’ont pas pour habitude de s’exprimer ». Tourné en plan-séquence dans un appartement, Intérêt Général souligne le départ en maison de retraite de la grand-mère de l’une des protagonistes. « Nous sommes dans une société où l’individu prime avant tout, c’est un comportement inquiétant. » Lui-même confronté au fait que sa mère reste seule aux Ulis déplore que « même les pays d’Afrique prennent le pli de l’Occident. »
Avec sensibilité, Hafid Good filme une banlieue humaine remplie de gens « formidables » et revendique « que les meilleurs talents viennent de là. »
Claire Diao

Visionner le court-métrage de Hafid Aboulahyane, Intérêt Général




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