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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


dimanche 1 janvier 2012

11... 2012


Je rêve de silences, de grandes étendues calmes et doucereuses
De l'immensité d'un tout
De plénitudes de jours ou moi plus adulte, ils seraient meilleurs et sereins
je rêve de pétales multicolores éclatants leurs lumières.
De regards apaisants.
Il manque ce soir à ma peau l'inconscience heureuse de mon adolescence
en Espagne,
Le bonheur d'être né Espagnol.
Je fus heureux du regard que portait ce pays
sur le petit français que j'étais alors;
devenu français par naturalisation.
J'aimais cette peau,
cette force espagnole,
J'aimais leur peau
Celle des autres,
leurs couleurs aux reflets moirés
et cette transpiration d'huile d'olives et de jasmin
je m'aimais beaucoup adolescent dans ce pays
et mon corps sans vocation d'être alors français était mon seul refuge
reflétant torse nu les lumières et ombres de l'été
Je m'assourdissais comme chacun aux jeux interdits aujourd'hui de l’arène
Je cueillais après la mort du taureau, sur mes lèvres, un lait d'amande doux
ou des grains pilés de glace citronnés.
Jamais l’Espagne ne me fut plus grande qu'en ces adolescences
Mes jeux de massacres au cœur du cœur de la peau et de l'âme.
Chacun secrètement était amoureux de chacun ; de tout et de rien.
l’Espagne
mon douloureux empire.
Mes rosées gitanes 
faites d'autres jasmins la nuit, 
et de glycines bleutées au midi du jour.
Nuits grouillantes et festives des villages espagnols,
bords de mer andalous.
De pêcheurs nus.
Grand de cœur et d'espérances
je fus en ces temps là,
un Dieu incroyant dans la tumultueuses idée
que je me faisais de Dieu!
l’Espagne était le paradis
Où je me fabriquais des joutes amoureuses,
à vingt ans,
souvent sans termes, mais chargées d'émois.
Ou chaque amant fut un royaume de beauté.
je mélangeais comme Narcisse à la source mes larmes passionnées 
et rieuses de vin.
Je n'avais pas peur des serpents d’eau.
et Adam qui n'était pas si méchant
Aimait d'amour les femmes.
2011, nous ferme la porte,
maintenant nous retenons notre souffle ;
et essuyons du bout de la langue à la commissure des lèvres une larme
faite de réserve.
Bonsoir,
Je reprends mon bouddha avec moi, bras dessus, bras dessous,
nous allons réfléchir avec chaleur à la meilleur des suites pour 2012.
J'ai pour seule offrande à vous offrir,
ce soir en cette nuit de la Saint-Sylvestre
un baiser sur vos mains
et posant la paume de ma main droite sur mon cœur, je vous souhaite à chacun, à chacune
une années 2012 douce et apaisée.
Je vous embrasse.

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