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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 10 novembre 2011

CINEMA: « Intouchables », un monde irréel pour une France fatiguée.

Pascal Riché
Redchef

http://www.rue89.com/2011/11/10/intouchables-un-monde-irreel-pour-une-france-fatiguee-226367

Cette histoire a vraiment eu lieu entre Philippe Pozzo di Borgo, ancien directeur des champagnes Pommery et Abdel Sellou, un ex-délinquant élevé dans une cité en banlieue.

En réalité, si ce film plaît tant, c'est parce qu'il présente une histoire aussi éloignée que possible de notre réalité concrète. Elle se passe dans un univers parallèle : un monde qui n'existe pas.

Il y a certes une crise, qui ressemble à la nôtre, mais elle est simplifiée, caricaturée, sublimée. Il y a certes des classes (avec des très-très riches et des très-très pauvres), mais ne cherchez pas de lutte les confrontant...
Dans ces mondes parallèles, tout le monde est gentil, ce qui permet de se parler franchement, un vrai luxe. Qui dans le monde réel peut parler « cash » sans susciter agressivité ou dégoût ?

Dans « Intouchables », Driss parle cette langue magique qu'est le « non-politiquement correct », et cela fait tellement de bien. Par exemple, nous sommes (moi compris) ravis d'entendre Driss dire que telle femme est « bonne », ou se moquer des handicapés bavant du Téléthon ou encore hurler de rire, au début d'un opéra ( »Der Freischütz »), en découvrant un arbre qui chante (et en allemand).

La France d'aujourd'hui, pour rire, n'a besoin de rien d'autre. Cette France qui applaudit aux « Intouchables » est fatiguée. Elle se désintéresse des « Indignés » qui tentent d'occuper La Défense. Aux « primaires citoyennes », elle choisit de voter « gauche molle ».
C'est une France à l'image de Philippe, le tétraplégique du film : immobile, impuissante, vieillissante. Et accrochée au rêve improbable qu'un jour, quelqu'un ou quelque chose viendra sans brutalité la réveiller.

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