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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


mercredi 31 août 2011

Les biffins !


Les biffins sont les chiffonniers. Des gens pauvres qui recyclent les objets trouvés dans les poubelles des gens riches et les vendent aux puces.
Faut être sacrément motivé pour être biffin[3]. Pour la plupart de ces candidats au garde-à-vous, le gain ne doit pas dépasser les cinq euros, par séance. Faut être sacrément dans la dèche.
*
J’arrive enfin à la rencontre du troisième type, debout lui aussi, mais avec quelque chose d’une statue de Michel-Ange. À ses pieds, quatre paquets de mouchoirs en papier et un flacon d’eau oxygénée. Je suis saisie par son élégance altière. C’est un homme d’une cinquantaine d’années, à la silhouette juvénile. Il est d’une immobilité parfaite et le regard reste perché dans une méditation béate, sans doute encouragée par plusieurs années de défonce. Du coup, comme il regarde ailleurs, je le détaille, avec fascination : il ressemble au chanteur des Boney M., il a la même coupe afro des années 80, un petit blazer de chintz blanc très ajusté avec des motifs floraux un peu passés. Un charisme indescriptible. C’est un revenant. C’est une star. Je m'incline et ramasse deux paquets de mouchoirs :
_ C'est combien ?
_ Vingt centimes.
Je lui tends un euro et m’apprête à partir, mais il se met soudain à hurler. Il ouvre une bouche édentée, il écume et il crie en me fixant d’un regard aussi furieux que désespéré :
_ Non, j’ai dit vingt centimes, vingt centimes ! Prends ca !
Il me tend la bouteille d’eau oxygénée

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