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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


lundi 22 août 2011

Le prix Robert Ganzo de poésie 2011. Fut attribué de belle façon amicale et joyeuse à : Jean-Pierre Verheggen (Belgique) lors du festival du livre et du film « Étonnants voyageurs » de Saint-Malo.



ROBERT GANZO
Le matricule des anges écrit:

Robert Ganzo, entre fleuve et pierre
...
J'ai connu l'homme tardivement, peu d'années avant sa mort, mais à quatre-vingt-quinze ans, il restait d'une vitalité et d'une présence étonnante, aux gestes vifs, à l'attention jamais démentie. L'écriture était ferme. Il continuait à fumer la pipe, travaillait encore à un futur poème. Il ressemblait un peu, par la densité, à ces pierres qu'il ramassait dans les forêts et dont il était convaincu qu'elles évoquaient des têtes humaines ou figuraient des profils qu'il identifiait. Des deux placards, dans son appartement proche du Trocadéro, l'un recelait ses livres les plus précieux, tandis que l'autre, fermé à clef comme un trésor, contenait sa collection de pierres choisies pour leurs formes insolites, anthropomorphiques ou pour leurs dessins gravés par les millénaires et dont il aimait traduire le graphisme sur une feuille qu'il vous donnait en partant. Face à ce monde lithique, il y avait en lui, préservé jusqu'au dernier souffle, cet émerveillement de l'enfant qui reste le secret du poète.


Le matricule des anges
Le mensuel de la littérature contemporaine



Un dimanche, au 9 bis Rue de Magdebourg 75016
Dans leur studio, Yvonne Thomas-Ganzo et Robert enregistrent sur des cassettes
des morceaux choisis.
Sur une musique de Christiane Verger, Yvonne chante de Robert Ganzo:
"Suicide", "Le poète assassiné", et "l'attente"
(Toutes trois des chansons du poète)
Et Robert Ganzo se lit lui-même.


Paul Eluard dit:
« Robert Ganzo, dont la lumière commande. »


(”Portrait de Robert Ganzo” eau-forte de Jacques Villon (1957)

Le Prix Robert-Ganzo de poésie, sera attribué lors du 22ème Festival Étonnants Voyageurs
le dimanche 12 juin à 10h.
Le dossier de presse concernant le festival est disponible auprès de :
Laurent Delarue
Faits&Gestes
Tél : 01 53 34 65 84
Mail : presse@etonnants-voyageurs.com

Il sera attribué à : Jean-Pierre Verheggen (Belgique) pour son
dernier ouvrage paru chez Gallimard 
"Poète Bin Qu'Oui. Poète Bin Qu'Non?".



Le Prix Robert Ganzo1 de poésie est décerné par la Fondation Robert Ganzo, sous l’égide de la Fondation de France, et ce grâce à la donation de son épouse Yvonne Thomas Ganzo aujourd’hui décédée.
Ce prix est pérenne et a été octroyé pour la première fois en avril 2007, sous la houlette du festival international du livre et du film produit par l’association « Étonnants voyageurs 2 ».
Décerné à Saint-Malo pendant le festival « Étonnants voyageurs » 

Créé en 2007 et doté de 10 000 euros, le Prix Robert Ganzo « distingue l’auteur d’un livre de poésie d’expression française en prise avec le mouvement du monde, loin du champ clos des laboratoires formalistes et des afféteries postmodernes. » Le Prix Robert Ganzo « distinguera l’auteur d’un livre de poésie d’expression française en prise avec le mouvement du monde, loin du champ clos des laboratoires formalistes et des afféteries postmodernes. » Il entend ainsi saluer un poète de tempérament, un aventurier du verbe et de la vie, un passeur d’émotions et de défis, un arpenteur de grand large et d’inconnu.
Robert Ganzo (1898-1995) d’origine vénézuélienne, ami d’André Breton et de Paul Éluard, est l’auteur d’une œuvre forte, exemplaire d’une « poésie monde ».


Récipiendaires du prix Robert Ganzo

  • en 2007, au poète René Depestre à l'occasion de ses Poésies complètes aux éditions Seghers.
  • 11 mai 2008, l’écrivain marocain Abdellatif Laâbi (né en 1942 à Fès) pour l’ensemble de son œuvre
  • 30 mai 2009, le poète Franck Venaille pour son œuvre et son livre intitulé Ça édité au Mercure de France.
  • 23 mai 2010, le poète Bernard Noël pour son œuvre et son livre intitulé Les Plumes d'Éros édité chez P.O.L.

Robert Ganzo (1898-1995)

Né à Caracas, il passe son adolescence à Bruxelles, puis s'installe à Paris comme bouquiniste, et libraire. Engagé dans les combats de la Résistance, fait prisonnier, il s’évade. La poésie de Robert Ganzo, limpide, superbe, d’une grande pureté formelle, a des allures de viatique tant elle se révèle intense et douce, à la fois luxuriante et cristalline. Elle est tout entière d’évidence, d’envoûtement, sans le moindre hermétisme, vouée à la célébration de la présence humaine, de l’amour et du monde.


Quelques éléments généalogiques concernant Isaac Robert Ganzo.
Rapportés par Catherine Ménassé (fille de David Ménassé).

La famille Nathan (dont Isaac Nathan beau père plus tard de Moise lui même père de Robert Ganzo) est installée à Constantinople et dans le courant des années 1880
Isaac Nathan quittera la Turquie, avec toute sa famille, (Raphaël, Esther, Sarah, et Virginie) pour se
rendre au Caire où il ouvre un commerce d'importation de tissus. A la suite d'une fête, Moïse Ganzo, (père de Robert Ganzo)
qui habite alors à Port Saïd, et tient un commerce de colifichet, de dentelles et de soieries venant de France, rencontre Esther, et l'épouse six mois plus tard.
L'année suivante tout le monde part au Venezuela, du fait de la situation politique complexe qui règne en Égypte.
Robert Ganzo fils de Moïse et d’Esther naît le 22 août 1898 à Caracas
Cette naissance est suivie 18 mois plus tard, par celle d’une petite Gracia et par celle de Rachel (vers 1910).
Au Venezuela Isaac Nathan se fait appeler « El-Baba », surnom qui lui restera.
En 1902, alors que la situation économique devient mauvaise pour lui à Caracas, « El-Baba » décide partir pour Marseille où il ouvre un magasin de tissus au mètre, dans la Grand Rue juste en face d'une corsetière
très connue des marseillaises : « Madame Eugénie ». Le magasin est tenu par El-Baba et ses
deux filles Sarah et Virginie, quant à Raphaël il travaille comme étalagiste et fait des petites décorations dans différents commerces (café concerts en particulier).
Moïse Ganzo quitte à son tour le Venezuela en 1910 à cause de la dégradation de
l'économie. Il s'expatrie à Bruxelles, au 330 chaussée d'Alsemberg , (tout près de l'altitude 100) et
continue son commerce de colifichets et dentelles.  

Raphaël Nathan vient rendre visite aux Ganzo, et fait la connaissance d’un voisine de la famille Clara Van der Velt une Hollandaise. Il reste à Bruxelles. Esther et Moïse Ganzo voient naître à Bruxelles leur dernier enfant: Jacky.

Gracia et Isaac Nathan sont très fatigués. Isaac vend son commerce et se retire des
affaires, et toute la famille quitte Marseille et va s'installer à Bruxelles chez Moïse Ganzo. El Baba
lui donne tout l'argent qu'il à retiré de son commerce, et en échange prend sa retraite chez lui, la
maison est très grande (15 pièces environ) et il y a de la place pour tout le monde. Isaac Nathan dit
El-Baba décède vers 1925, un ou deux ans après la mort de sa femme Gracia.

En 1913, Isaac Ménassé, qui est en voyage d’affaire, trouve pension dans la maison Ganzo-Nathan.
Il s’éprend de Sarah Nathan fille d'Isaac Nathan et la demande en mariage. La guerre qui arrive remettra ce projet à plus
tard. Il se marieront quand même aux alentour de 1920.
David Ménassé (fils d'Isaac Ménassé et de Sarah Nathan) naît en Juillet 1921.

Enfin, Virginie, épouse, un peu contre l’avis de son père, Samuel Segoura, marchand de tapis
d’orient. (Samuel Segoura est le frère de Maurice Segoura, un très grand antiquaire parisien de
réputation internationale et spécialiste du mobilier du 18è siècle.) De caractère fantasque, celle que
nous appelions tantine « Nini », eût un fil Roger, et se remaria après le décès de son mari avec un Monsieur Benichou, juif algérien vivant à Paris.


Entre 1937 et 1954, paraît l'essentiel de son oeuvre poétique : un maigre volume (une centaine de pages) mais d'un superbe éclat et d'une rare densité. OEuvre en deux temps qui naît avec Orénoque (1937), se poursuit avecLespugue (1940), Rivière (1941), Domaine (1942) et reprend après-guerre avec Langage (1947), Colère (1951) et Résurgences (1954) qui marque en quelque sorte son éloignement de la poésie.

Le poète Robert Ganzo fut aussi auteur dramatique, archéologue (préhistorien), peintre et marin.

S'il ne fut pas célèbre, Ganzo ne fut pas ignoré. Ses pairs le reconnurent. Si Valéry s'inquiétait un peu de ce titre d'Orénoque que Ganzo donna à l'un de ses recueils, il ne lui ménagea ni son estime ni son attention. Léon-Paul Fargue préfacera dès 1938 ses Sept chansons pour Agnès Capri où le poète renoue avec la tradition de la chanson populaire au même moment que Desnos et Prévert. Comment ne pas rappeler au passage que Ganzo fut un des poètes dont les républicains espagnols récitaient les strophes :





"Mais c'est si loin Shangaï
et c'est si loin Madrid
que ce grand cri vous ne puissiez l'entendre"
(Aux égarés ). 
Tracts 1937


De même qu'en ces années, ce qui deviendra le poème Tubize est récité, en France, dans les usines en grève : 



"Dans cette usine ça sent l'éther
et dans l'éther peinent les filles."
Tracts 1937

Certes ces quelques titres n'auraient pas suffi à faire de Robert Ganzo un poète de haut rang, ce qu'il est indubitablement.


Bibliographie:

  • 1937-Orénoque
  • 1940-Lespugue
  • 1941-Rivière
  • 1942-Rivière
  • 1947-Langage
  • 1951-Colère
  • 1954-Résurgences


    Recueils réunis dans L’œuvre poétique éditée chez Gallimard en 1997.

« Tes yeux appris aux paysages
je les apprends en ce matin
immuable à travers les âges
et sans doute à jamais atteint.
Déjà les mots faits de lumière
se préparent au fond de nous ;
et je sépare tes genoux,
tremblant de tendresse première. »


En 1948, Ganzo rencontra une véritable audience lorsque, résistant authentique, emprisonné sous l'Occupation, il publia aux Éditions de Minuit Cinq poètes assassinés, une présentation et une anthologie de Max Jacob, Robert Desnos, Benjamin Fondane, Georges Chennevière et Saint-Pol-Roux, tous massacrés par les nazis. 


  • En 2005 est parue aux éditions du Castor Astral une biographie du poète sous la plume de Pierre Citron.
  • En 2009 une deuxième biographie du poète parait sous la plume de Robert Maillard aux éditions Slatkine (Genève) avec une préface de B. Mermod, ainsi qu’une documentation (noirs et couleurs)

    édité lors de la publication de :
    Robert Ganzo
    par Robert Maillard
    Préface de Bernard Mermod
    Éditions Slatkine, novembre 2009

    L'œuvre de Robert GANZO se résume à sept grands poèmes, sans équivalent dans
    la poésie moderne. Leur densité est telle que chacun d'eux constitue une avancée
    dans l'univers sans fin de la poésie.

    Le premier, intitulé Orénoque (1937), est une évocation saisissante de la forêt
    amazonienne et, plus généralement, de la nature dans sa force inviolée, par
    opposition à la fragilité de la condition humaine. Dans la vie du poète, Orénoque a
    la valeur d'un acte inaugural.

    À l'exception de Claudel évoquant "l'épaisse touffe de l'Orénoque" (Cinq Grandes Odes), aucun poète européen ne semble avoir nommé ou pris pour titre ce fleuve. Ni Rimbaud, ni Ducasse. D'emblée Ganzo l'évoque comme un lieu où 


    "le soleil mène à coup de trique
     un bagne dans un paradis" 

    et rappelle son enfance et son besoin de 


    "Boire encore au sein d'une esclave
    un lait de soufre et d'orchidées" 

    et chante ce fleuve 
    "avec ton nom de femme soûle" 

    en une sorte de Délie exotique, ensauvagée, passant du dizain au huitain à travers des images insolites comme : 
    "le ciel a des lèvres de veuve".





    Orénoque, 1942 
    LivreD illustré de 11 eaux-fortes originales de Jean Fautrier 
    Librairie Auguste Blaizot, Paris 1942
    48 pages sur Auvergne 38 x 28 cm. En feuilles
    Imprimeur : Lacourière, Paris 

    A Orénoque on opposera Rivière (1941), écrit pour ses enfants, qui emprunte ses
    formes et ses couleurs à la vie paisible d'un de ces cours d'eau baignant dans la
    lumière argentée d'Ile-de-France.

    Lespugue (1940) doit son titre au village de Haute-Garonne, où fut découverte,
    dans la grotte des Rideaux, la statuette vieille de 20 000 ans, en ivoire de
    mammouth, dite la Vénus de Lespugue, un des chefs-d'œuvre de l'art
    préhistorique. Le génie poétique de Ganzo aura été de remonter aux origines, pour
    célébrer moins la femme aimée que la naissance et l'invention de l'amour.

    En plus d'un sens, Robert Ganzo est l'un des très rares continuateurs authentiques du courant Mallarmé-Valéry, mais en plus cosmique et mêlant superbement -ellipses et correspondances_ le classicisme et la modernité. Lespugue qui paraît l'année où Lascaux est découvert, est sans doute le premier grand poème inspiré par la préhistoire, rencontre ou remontée vers la femme première, à la fois humaine et cosmique


    "Ta chair immense que j'étreins
    riait et pleurait dans ma moelle,
    et je trouve, au fond de tes reins
    la chute sans fin d'une étoile."

    Domaine (1942) est le poème du mimétisme et en illustre les pouvoirs de
    transformation et de métamorphose en prenant pour modèles la pieuvre,
    la danseuse et le poète, chacun trouvant sa nécessité dans la magie du verbe.

    Domaine: eau forte d'Oscar Dominguez

    Langage (1947) : poème unique puisqu'il est à la fois le premier et le seul à ce
    jour à avoir tenté de définir les liens si particuliers que la poésie entretient avec le
    langage, le poème « entrain de se faire » en constituant la bouleversante
    démonstration. Langage est suivi d'une dizaine de petits poèmes fermés sur eux même, dont quelques-uns comptent parmi les joyaux de la langue française.



    incantatoire, ce que la poésie, saisie à la source, a de plus sauvage.

    Résurgences (1954) retrace dans tous leurs méandre les cheminements du chagrin
    et de la mémoire pour aboutir, à travers le deuil, à un acquiescement aux valeurs
    de la vie.

    Face à la cristalline pureté de ses poèmes, on ne manquera pas de lire dans le livre de Robert Maillard ci-dessous la Conférence (inédite,1943) de Ganzo sur la poésie, appelée par sa hauteur de vue à faire scandale.
    Dans le livre de la page 119 à 130 incluse.


     Commander le livre aux éditions Slatkine

    Même dans les cercles étroits de la poésie, il arrive que le nom de Robert Ganzo soit méconnu, voire oublié. C’est pourtant l’un des plus grands poètes du XXe siècle, dont l’œuvre, solitaire et unique, a redonné à la poésie un lustre et un éclat qu'on ne lui connaissait plus. Inconnu des nouvelles générations, Ganzo a progressivement disparu de certaines anthologies et la fameuse collection «Poètes d’aujourd’hui», malgré l’extrême diversité de ses choix (plus de 250 poètes), s’est payé le luxe de l’ignorer! C’est dire que son œuvre répondait peu aux goûts d’une époque qui n’aimait rien tant que l’éclectisme. Composée de sept grands poèmes, dont chacun représente une avancée considérable au cœur même de la poésie, elle est entourée d’un «appareil de beauté formelle», qui en garde l’accès et a découragé plus d’un lecteur. L’heure est venue de prendre une exacte mesure de cette œuvre, dont la présence parmi nous est appelée à grandir. Tel est le propos de ce livre.


    Quelques notes concernant les biographes de Robert Ganzo: 


    Pierre Citron
    Musicologue français (Paris 1919).
    Agrégé de l'Université, docteur ès lettres, il a été notamment attaché de recherche au Centre national de la recherche scientifique (1957-1960), directeur des études à l'Institut français de Londres (1960-1963) et professeur de littérature française à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand (1963-1969). À partir de 1970, il a occupé le même poste à Paris-Sorbonne. Il a édité des œuvres de Balzac, Villiers de l'lsle-Adam et Giono. Comme musicologue, on lui doit des ouvrages sur Couperin (1956) et Bartók (1963), ainsi que l'édition des Mémoires (2 vol., 1969) et en collaboration avec Frédéric Robert ­ de la Correspondance générale d'Hector Berlioz (six volumes de 1972 à 1995, septième et dernier volume à paraître).

    Écrivain d’art et éditeur, Robert Maillard est connu pour avoir attaché son nom à de nombreux dictionnaires, dont le Dictionnaire de la peinture moderne (1954, Éditions Fernand Hazan, Paris), traduit en six langues et qui fut pendant longtemps une référence; le Dictionnaire universel de l’art et des artistes (architecture, peinture, sculpture, 3 vol., 1968, Éditions Fernand Hazan) et surtout le Dictionnaire universel de la peinture (6 vol. 3000 pages, 2800 illustrations couleur, 1975-1976, Éditions Le Robert). Poète lui-même (Errance, 1975, Au Térébinthe Paris), il fut l’un des plus proches compagnons de Robert Ganzo durant de nombreuses années.

    Bernard Mermod
    Artiste dramatique, il présente a paris,en 1967, un récital « Arthur Rimbaud et robert Ganzo », puis, après mai 1968, il entame une carrière de trente ans comme réalisateur-journaliste auprès de la T.V. Suisse romande, à Genève. Ayant réalisé une émission avec aimé Césaire, il regrettera de n'avoir pu faire l'équivalent avec robert Ganzo.


    Robert Ganzo, vu par Pierre Assouline, dans la république des livres.

    ...
    L’essai que consacre son disciple Robert Maillard à celui qu’il appelle “le Maître”, sous le titre Robert Ganzo (173 pages, Editions Slatkine), permet déjà de prendre la mesure de la nouveauté d’un poète que Léon-Paul Fargue, le tout-premier, salua dès 1938. Il n’en demeura pas moins au cours de sa longue vie un poète remarquablement méconnu. Mais comme cet homme du refus était d’une nature plutôt intransigeante, et d’un tempérament inflexible, on peut dire que par son isolement et surtout par son long silence, il fut le principal obstacle à la diffusion de son oeuvre. Tout le contraire d’un Eluard ou d’un Aragon qui lui manifestèrent chacun leur admiration dans leurs dédicaces. Il n’en écrivit pas moins des chansons pour des vedettes de l’époque, Agnès Capri et Suzy Solidor


    Ci dessous, au "masque et la plume" - 13/01/1957 - Anne CAPRILE interprète "Suicide", un poème de Robert GANZO mis en musique par Christiane VERGER et deux chansons extraites du spectacle Shakespeare "Cymbeline" mis en musique par Claude ARRIEU, "La chanson d'Imogène" puis "La chanson de la forêt".
    Achat numéro de commande auprès de l'Institut National de l'Audiovisuel : 467937
    ...


    A son essai, Robert Maillard a joint...
    (Voir l'article dans son intégralité)
    http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/01/02/robert-ganzo-lamant-de-la-venus-de-lespugue/

    Ne partez pas sans emporter un poème, pour la route. Pourquoi pas le plus fréquemment cité, Lespugue, ainsi nommé d’après ce désormais fameux hameau perdu en Haute-Garonne où l’on découvrit un chef d’œuvre de l’art préhistorique, une statuette aurignacienne en ivoire de mammouth dite “Dame de Lespugue” ou encore ”Vénus de Lespugue”. Robert Ganzo avait entretenu un long commerce avec l’art pariétal, les armes de ce temps, les rêves de ces premiers hommes, jusqu’à en être l’intime. Son poème puise sa tension dans cette très ancienne imprégnation autant que dans la présence à ses côtés de sa compagne (Léona Jeanne) et dédicataire en ces premiers mois de 1940 :



    La Vénus de Lespugue est de l'époque dite du gravettien, et daterait de 23 000 ans environ avant notre ère. Elle est donc un peu plus ancienne encore que la grotte de Lascaux.
    En fait, cette statuette a été brisée lors de sa découverte, et la figurine que nous avons analysée est une reconstitution qui fait partie du catalogue des reproductions des Musées de France. 

    (Si vous souhaitez mieux repérer l'étape que représente cette Vénus dans l'histoire de l'art, et accéder aux autres oeuvres analysées qui relèvent de la même étape, vous pouvez utiliser le lien qui mène à l'ensemble des études concernant le paléolithique).

    Extraits du poème Lespugue:

    (…)Tes yeux appris aux paysages
    je les apprends en ce matin, 
    immuable à travers les âges
    et sans doute à jamais atteint.
    Déjà les mots faits de lumière
    se préparent au fond de nous;
    et je sépare tes genoux,
    tremblant de tendresse première.

    (…) Où finis-tu ? La terre oscille ;
    et toi, dans le fracas de monts,
    déjà tu renais des limons,
    un serpent rouge à la cheville ;
    femme, tout en essors et courbes
    et tièdes aboutissements,
    lumière, et nacre, ombres et tourbes
    faites de quels enlisements?”

    (…) Ton torse lentement se cambre
    et ton destin s’est accompli.
    Tu seras aux veilleuses d’ambre
    de notre asile enseveli,
    vivante après nos corps épars,
    comme une présence enfermée,
    quand nous aurons rendu nos parts
    de brise, d’onde et de fumée”.


    Autre lien relatif à Robert Ganzo
    Voir ci dessous « de génération en génération
    les enfants de la Shoah »
    Page 82 à 90
    récits :
    éditions de l'harmattan 2009



    Une chanson pour Agnès Capri
    (Ci-dessous).
    Illustré par Gaston-Louis-Roux


    Suicide




    Yvonne Thomas Ganzo dit:
    Un texte confus.


    Robert Ganzo peintre:

    (Huile 49,5x39,5)
    Photographie Bernard Mermod Tirage don de Mme Yvonne Thomas Ganzo



    (Huile sur toile 60,5x49)

    Photographie Bernard Mermod Tirage don de Mme Yvonne Thomas Ganzo


    (Huile sur toile 27,5x21,5)
    Photographie Bernard Mermod Tirage don de Mme Yvonne Thomas Ganzo

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