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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 20 janvier 2011

Au cinéma, "Le Quattro Volte" : Grave et beau, ce film de Michelangelo Frammartino est un manifeste rare.

Vu par David Cenciai

Bonsoir,
j'ai vu ce soir le film "Le quattro volte" de Michelangelo Frammartino.

Un commentaire serait ici parfaitement inadapté face à l'ampleur du
langage cinématographique qui se déroule et la densité de sens qu'il
finit par prendre en une heure et quelques dizaines de minutes.
Vous dire donc très simplement qu'il s'agit probablement du premier film
animiste que je vois, tant chaque chose filmée possède une âme.
Vous dire encore que c'est aussi le premier film alchimique que je
vois, tant chaque âme ne fait qu'une seule et même traversée du temps et
de l'espace, tant chaque chose transmute et réapparaît sous une autre
forme, toujours dans l'écho de ce qu'elle était.

D'ailleurs le film lui même est structuré autour d’une opération
alchimique, opération qui s'effectue dans un alambic étrange et
fascinant (je ne vous dis rien pour ne pas vous gâcher le plaisir de
faire par vous même les liens).
C'est en effet un film de liens : formels, symboliques, ils sont portés
vers une saturation de sens, car pour cette occasion rare, le
réalisateur les accompagne jusqu'à cette densité.
Là ou 97% des films que je vois souffrent d'un réalisateur maladroit,
voir idiot, qui travaille contre le sens de son film, par le biais d'une
mise en scène trop contrôlée et pauvrement fidèle au scénario, ou d'un
montage qui tue le temps d'impression du sens (comme un bac révélateur
toujours trop étroit)
voilà un réalisateur bien au fait que le cinéma
n'est pas et ne se réduira jamais à filmer un scénario.

Je finis enfin mon propos en vous disant, qu'il ne s'agit pas d'un film poseur dont la part animiste, contemplative nous serait aride et fastidieuse.
Non, Cette manière de faire finit par révéler, dévoiler à mes sens, quelque chose de fort, de sublime.

Tout semble pensé et le récit se
poursuit, plans après plans, scène après scène.
Une œuvre du niveau de Stalker, très différente, mais d'une puissance
égale à mon avis.

Je ne pense pas que vous serez déçu, (il s'agit d'un film qui met en
valeur ce que personnellement Je recherche au cinéma, il est possible
que vous ne soyez pas autant touché).
En tout cas, si ces quelques lignes vous donnent envie et que vous avez
l'occasion de le voir en salle, je vous invite vivement à y aller.
Sinon, à l'occasion un de ces jours en DVD.
Bien à vous,
David Cenciai.

David Cenciai, et Stéphanie Chiffaudel sont tous deux de jeunes auteurs plasticiens et cinéastes. Ils sont entre autre les réalisateurs d’un film délicat et émouvant (vidéo de 23 min) réalisé en 2010 intitulé "Sortir du siècle". à voir absolument.


     "Sortir du Siècle" représente l'état d'esprit d'une religieuse dans un couvent
de la campagne Strasbourgeoise, au moment des importants troubles sociaux
et théologiques que connaît l’année 1525. Sa foi lui permet d’accueillir
L’insurrection des paysans, mais cette capacité d’acceptation dérange.

Ce film est à commander à:
david.cenciai@laposte.net
         06 33 80 60 36

Le parcours artistique de Stéphanie Chiffaudel et de David Cenciai :
http://www.le-ko-art-contemporain-huelgoat.eu/images/StephanieChiffaudel2010.pdf
http://www.le-ko-art-contemporain-huelgoat.eu/images/DossierDavidartiste2010.pdf
(Il est recommandé de copier ces liens et de les ouvrir avec Google Chrome).

Photographie copyright: Stéphanie Chiffaudel, David Cenciai

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