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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 11 novembre 2010

Mme Aung San Suu Kyi. (Suite au billet précédent)

«La vérité, la justice et la compassion sont souvent les seules défenses contre le pouvoir impitoyable»

Fille du leader de la libération Aung San (assassiné en 1947), Suu Kyi est née à Rangoon en 1945, juste avant que la Birmanie ne se libère de la tutelle colonisatrice de la Grande-Bretagne. Sa mère est diplomate et Suu Kyi est élevée en Inde et en Grande-Bretagne. Elle fait des études de philosophie, d’économie et de sciences politiques à Oxford. Elle poursuit une carrière académique jusqu'à ce qu'elle rentre en Birmanie, en 1988, pour soigner sa mère malade.

En juillet 1988, le général Ne Win, à la tête d’une junte militaire depuis 1962, est obligé de démissionner. Les troubles qui suivent cet événement sont brutalement réprimés par l'armée.

Influencée par la philosophie et les idées du Mahatma Gandhi et de Martin Luther King, Suu Kyi et ses amis politiques fondent, en 1988, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Son engagement, non violent, en faveur de la mise en place d'un régime démocratique lui vaut un grand succès auprès de la population. Ce succès va amener, en 1989, la junte militaire au pouvoir à assigner Suu Kyi à domicile afin de diminuer son influence, mais cette mesure ne va pas empêcher la LND de remporter presque 80% des sièges lors des élections de 1990. Les militaires au pouvoir vont refuser le résultat démocratique sorti des urnes et vont au contraire augmenter la répression et les persécutions vis-à-vis de l'opposition et des minorités ethniques. Malgré cela, Suu Kyi, appelée «la Dame», continue de résister.
http://www.nobel-paix.ch/bio/aung.htm

Extraits du discours écrit par Mme Aung San Suu Kyi et prononcé le 21 novembre 1994 à Manille, dans le cadre de la réunion de la Commission mondiale sur la culture et le développement de l’UNESCO, au nom de l’auteur et à sa demande, par Mme Corazón Aquino, ancienne présidente de la République des Philippines, in Le Courrier de l'UNESCO, mars 1995, pp. 5-8.

La démocratie, patrimoine commun de l’humanité

La culture de paix est un idéal qu’aucun gouvernement, aucune nation (même la plus belliqueuse) n’oserait contester. Personne ne remet non plus en cause l’étroite interdépendance qui existe entre la culture de paix et la culture de développement. Par contre, on peut se demander jusqu’à quel point les gouvernements sont disposés à reconnaître que la démocratie et les droits de l’homme sont indissociables de la culture de paix et par conséquent indispensables à un développement viable. De nombreux exemples prouvent que la culture et le développement peuvent servir de prétextes pour résister aux demandes en faveur de la démocratie et des droits de l’homme. Chacun sait que certains gouvernements vont jusqu’à faire valoir que la démocratie est une idée occidentale étrangère à leurs propres systèmes de valeurs; on a souvent prétendu aussi que le développement économique est incompatible avec les droits politiques (c’est-à-dire avec la démocratie) et que, dans ce cas, c’est forcément l’économique qui prime. Devant de tels arguments, il convient d’examiner et de définir soigneusement les notions de culture et de développement pour éviter qu’elles ne soient utilisées, ou plutôt détournées, en vue de contrarier les aspirations des peuples à des institutions démocratiques et aux droits de l’homme.
...
Résumons pour conclure :

le développement authentique des êtres humains exige bien autre chose que la simple croissance économique. Il repose essentiellement sur le sentiment de responsabilité et l’épanouissement intérieur de chacun. Alors seulement les valeurs culturelles et humaines retrouveront leur place dans un monde où le pouvoir politique est trop souvent synonyme de tyrannie au service d’une petite élite. La participation des gens aux transformations sociales et politiques est la question cruciale de notre temps.


Lire le discours en entier, dans son intégralité :
http://www.nobel-paix.ch/documents/suu_kyi-disc.htm

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