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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


mardi 5 octobre 2010

Heidegger et le nazisme

Le Chemin de campagne
De Heidegger
Traduit par André Préault

« Le Simple garde le secret de toute permanence et de toute grandeur. Il arrive chez les hommes sans préparation, bien qu'il lui faille beaucoup de temps pour croître et mûrir. Les dons qu'il dispense, il les cache dans l'inapparence de ce qui est toujours le Même. Les choses à demeure autour du chemin, dans leur ampleur et leur plénitude, donnent le monde. Comme le dit le vieux maître Eckhart, auprès de qui nous apprenons à lire et à vivre, c'est seulement dans ce que leur langage ne dit pas que Dieu est vraiment Dieu. Mais le chemin ne nous parle qu'aussi longtemps que des hommes, nés dans l'air qui l'environne, ont pouvoir de l'entendre. Ils sont les servants de leur origine, mais non les esclaves de l'artifice. C'est en vain que l'homme par ses plans s'efforce d'imposer un ordre à la terre, s'il n'est pas ordonné lui-même à l'appel du chemin. Le danger menace, que les hommes d'aujourd'hui n'aient plus d'oreille pour lui. Seul leur parvient encore le vacarme des machines, qu'ils ne sont pas loin de prendre pour la voix même de Dieu. Ainsi l'homme se disperse et n'a plus de chemin. À qui se disperse le Simple paraît monotone. La monotonie rebute. Les rebutés autour d'eux ne voient plus qu'uniformité. Le Simple s'est évanoui. Sa puissance silencieuse est épuisée ».

Heidegger et le nazisme
http://fr.wikipedia.org/wiki/Heidegger_et_le_nazisme
http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/documents/028526/nazisme-faut-il-sauver-heidegger.html

Sartre écrit, en décembre 1944:
«Heidegger était philosophe avant d'être nazi. Son adhésion à l'hitlérisme s'explique par la peur, l'arrivisme peut-être, sûrement le conformisme: ce n'est pas beau, j'en conviens. Seulement, cela suffit pour infirmer votre beau raisonnement : "Heidegger, dites-vous, est membre du Parti national-socialiste, donc sa philosophie doit être nazie." Ce n'est pas cela: Heidegger n'a pas de caractère, voilà la vérité; oserez-vous en conclure que sa philosophie est une apologie de la lâcheté? Ne savez-vous pas qu'il arrive aux hommes de n'être pas à la hauteur de leurs œuvres?»

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