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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 8 juillet 2010

Laurent Terzieff: "La mort viendra et elle aura tes yeux",


La disparition de Laurent Terzieff, le 2 juillet à l'âge de 75 ans, a profondément bouleversé la France.


Un enregistrement de la voix de Laurent Terzieff a ouvert la cérémonie. Il déclarait : "La mort viendra et elle aura tes yeux", des mots de l'écrivain Cesare Pavese qu'il récitait avec force et beauté.
Personnalités et anonymes étaient très nombreux pour cet ultime adieu, durant lequel ont été entendues les paroles émues des proches et du prêtre. Ce dernier a rappelé la foi de l'homme de théâtre qui était présent chaque dimanche pour la messe.

http://www.purepeople.com/article/obseques-de-laurent-terzieff-francis-huster-robert-hossein-et-tant-d-autres-ont-fait-leur-ultime-adieu_a59436/1#scrolldown
Photographie:
http://filmsdefrance.com/img/Laurent_Terzieff.JPG

Cesare Pavese
ou le "Métier de vivre"

          Cesare Pavese (1908 - 1950) est l’une des figures les plus complexes de la littérature italienne contemporaine. « La découverte de la littérature américaine, l’adhésion au Parti communiste, les amours déçues, l’insatisfaction devant le succès, autant d’éléments qui firent de la vie de Pavese une ascèse difficile qui aboutit au suicide. Mais grâce à ce suicide, la vie et l’œuvre de Pavese prennent un sens, dévoilent des aspects cachés, baignent dans une ambiance définitive. La mort fait tenir ensemble les vicissitudes de la biographie et l’apparente disparate des publications. Il y a ainsi chez Pavese une interpénétration exemplaire des raisons de vivre et des raisons d’écrire (ou de ne plus pouvoir ni vivre ni écrire). » (Georges Piroué)

http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=1077

Puis voici un poème extrait du recueil Travailler fatigue, traduction de Gilles de Van.

"Mythe"

Un jour viendra où le jeune dieu sera un homme,
sans souffrance, avec le sourire mort
de l’homme qui a compris. Le soleil lui aussi glisse au loin,
en rougissant les plages. Un jour viendra où le dieu
ne saura plus où étaient les plages de jadis.

On s’éveille un matin : l’été est déjà mort,
dans les yeux grondent encore des splendeurs,
comme hier, et à l’oreille le fracas du soleil
devenu sang. Le monde a changé de couleur.
La montagne ne touche plus le ciel ; les nuages
ne s’amoncellent plus comme les fruits ; dans l’eau
pas un galet n’affleure. Un corps d’homme
se courbe pensif, où respirait un dieu.


C’est la fin du grand soleil d’été et de l’odeur de terre
et de la route libre, animée par un peuple
qui ignorait la mort. On ne meurt pas l’été.
Si quelqu’un venait à disparaître, il y avait le jeune dieu
qui vivait pour les autres et ignorait la mort.
Sur lui, la tristesse n’était que l’ombre d’un nuage.
Son pas étonnait la terre.

Cesare Pavese - "Lavorare stanca"


Voir aussi le blog:
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/06/lavorare_stanca.html

2 commentaires:

Davou a dit…

Oui, Manuel, merci pour le poète!

Manuel Vich-Ganzo a dit…

Amicales pensées à toi mon Cher Dad.

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