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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


vendredi 19 mars 2010

Madame Simone Veil

Discours de Madame Simone Veil lors de sa réception à l'Académie française

http://www.la-croix.com/Discours-de-Simone-Veil/documents/2418906/47604

Extrait :
"Mesdames et Messieurs,
Dans cette enceinte vouée à la défense et au rayonnement de la France, qu’il me soit permis d’évoquer une ambition à laquelle j’ai voué une partie de ma vie : l’Europe. Elle a été l’horizon qu’au lendemain de la guerre quelques pères fondateurs se sont fixé pour remiser à jamais les guerres fratricides. Ce projet, Pierre Messmer l’avait vu naître et l’a accompagné comme ministre, loyalement mais prudemment. Il a accueilli avec scepticisme certaines avancées de la construction européenne, et notamment la création de la monnaie unique. Les traités successifs de Maastricht, de Nice et de Lisbonne l’ont conduit à s’interroger sur le processus en cours. Son histoire personnelle le rattachait à la nation, et le cadre supranational ne lui était pas spontanément familier. Pourtant, lorsqu’en 2003 votre Académie fut consultée sur le projet de Constitution européenne, dans l’élaboration duquel votre confrère Valéry Giscard d’Estaing a joué un rôle éminent, Pierre Messmer s’y consacra avec le sens des responsabilités qu’on lui connaît.

Cette aventure européenne fut et demeure le grand défi de la génération à laquelle j’appartiens. Emmanuel Berl disait que l’Europe devait être tout à la fois une communauté de désirs et de doctrines. Peut-être Pierre Messmer estimait-il que les doctrines affadissent par trop le désir ? Ce défi lancé aux vieilles nations, je l’ai accueilli et accompagné avec plus d’optimisme que Pierre Messmer. Et l’ancienne présidente du Parlement européen que je suis est heureuse de devenir aujourd’hui, dans cette enceinte, l’un des porte-parole de cette idée européenne qu’illustre depuis ses origines l’Académie. Ne sommes-nous pas en train de discourir dans un lieu appelé « Collège des Quatre Nations », appellation qui dit bien sa vocation à l’ouverture ?

Les pères de l’Europe ont voulu construire une réalité à partir du rêve d’un homme dont la voix a retenti nombre de fois sous cette Coupole. J’ai nommé Victor Hugo. En 1841, fraîchement élu à l’Académie, il se consacre à la rédaction d’un texte sur le Rhin, où il ébauche le projet d’une union européenne fondée sur ce qu’il est convenu aujourd’hui de nommer le couple franco-allemand. Il écrit : « La France et l’Allemagne sont essentiellement l’Europe. L’Allemagne est le cœur, la France est la tête. Le sentiment et la pensée, c’est tout l’homme civilisé. Il y a entre les deux peuples connexion intime, consanguinité incontestable. Ils sortent des mêmes sources ; ils ont lutté ensemble contre les Romains ; ils sont frères dans le passé, frères dans le présent, frères dans l’avenir. »

Fraternité et avenir, sous l’égide de ces beaux mots, qui ont naturellement cours chez vous, je suis fière d’être reçue par votre Compagnie."

Le parcours de Madame Simone Veil :

13 juillet 1927. Naissance à Nice (Alpes-Maritimes). Elle est l'une des quatre enfants de l'architecte André Jacob et d'Yvonne Steinmetz.

30 mars 1944. Arrêtée par la Gestapo à Nice, elle est déportée à Drancy, puis à Auschwitz et Bergen-Belsen, dont elle rentrera en avril 1945. Ses parents et son frère meurent en déportation.

26 octobre 1946. Epouse un de ses condisciples de Sciences Po, Antoine Veil, qui travaillera dans plusieurs cabinets ministériels et occupera des postes de direction dans des sociétés du secteur des transports. Ils auront trois fils, dont Jean Veil, avocat notamment de Jacques Chirac et de la Société Générale.

1957. Débute sa carrière professionnelle au ministère de la Justice.

1970. Secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature.

Mai 1974. Nommée ministre de la Santé par Jacques Chirac. Ses cinq ans passés à ce poste seront notamment marqué par le vote, grâce à de très nombreuses voix de gauche et contre la plupart des députés de la majorité, de la loi dépénalisant l'avortement du 17 janvier 1975, qui porte son nom, ainsi que de la première loi anti-tabac.

Juin 1979. Tête de liste de l'UDF aux élections européennes (en tête avec près de 28% des voix), elle est élue présidente du Parlement européen, poste qu'elle occupera pendant trois ans en vertu d'un accord.

Juin 1984 . A nouveau tête de liste aux européennes, associant cette fois-ci le RPR et l'UDF, elle termine en tête avec 43% des voix.

Juin 1989. Encore candidate aux européennes, pour les démocrates-chrétiens du CDS, elle obtient un peu plus de 8%.

Mars 1993. Nommée ministre des Affaires sociales par Edouard Balladur, poste qu'elle occupera pendant deux ans.

Février 1998. Nommée au Conseil constitutionnel par le président du Sénat, René Monory.

Mai 2005. Se met provisoirement en congé du Conseil constitutionnel pour s'engager en faveur du "oui" dans la campagne sur le traité constitutionnel européen. Le 29 mai, le "non" l'emporte par près de 55% des voix.

Mars 2007. Critique contre François Bayrou, elle s'engage aux côtés de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle, tout en critiquant l'idée d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Elle est nommée au sein du comité Balladur de réflexion sur les institutions. En fin d'année, elle publie son autobiographie, "Une Vie", grand succès de librairie.

Février 2008. Alors que Nicolas Sarkozy vient de la nommer à la tête d'une commission sur la réforme du préambule de la Constitution, elle qualifie d' inimaginable, insoutenable et injuste son idée de confier à chaque élève du primaire la mémoire d'un enfant disparu lors de la Shoah.

1er janvier 2009. Elevée directement à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur dans la promotion du Nouvel an.

Mars 2010. Qualifiée de femme préférée des Français par un sondage Ifop, elle fait son entrée à l'Académie française au fauteuil de Pierre Messmer, où elle avait été élue en novembre 2008.

http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20100318.CHA2240/le_parcours_de_simone_veil.html

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