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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 4 mars 2010

Le blog de LUCKY: Robert Ganzo.

« Sept poèmes suffisent à jucher un poète au plus haut. De grands poèmes d’une pureté cristalline et d’une densité sans équivalent. Mais il n’en a fallu pas plus de sept de cette encre pour constituer l’oeuvre du vénézuelien Robert Ganzo (1898-1995). Ils s’intitulent “Orénoque”, “Rivière”, “Lespugue”, “Domaine”, “Langage”, “Colère”, Résurgences” et ils ont été écrits entre 1937 et 1954 et publiés dans des tirages confidentiels. »

Robert Ganzo, parisien d’origine sud-américaine, fut un Résistant précoce, dès 1940, salué plus tard par les plus grands poètes.

Et comment ne pas céder à la tentation de faire partager ces vers octosyllabes ?

Pierre Assouline : « Ne partez pas sans emporter un poème, pour la route. Pourquoi pas le plus fréquemment cité, Lespugue, ainsi nommé d’après ce désormais fameux hameau perdu en Haute-Garonne où l’on découvrit un chef d’oeuvre de l’art préhistorique, une statuette aurignacienne en ivoire de mammouth dite “Dame de Lespugue” ou encore ‘’Vénus de Lespugue'’. Robert Ganzo avait entretenu un long commerce avec l’art pariétal, les armes de ce temps, les rêves de ces premiers hommes, jusqu’à en être l’intime. Son poème puise sa tension dans cette très ancienne imprégnation autant que dans la présence à ses côtés de sa compagne et dédicataire en ces premiers mois de 1940 » :
http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/01/02/robert-ganzo-lamant-de-la-venus-de-lespugue/

“(…) Le Jour. Regarde. Une colline
répand jusqu’à nous des oiseaux,
des arbres en fleurs et des eaux
dans l’herbe verte qui s’incline.
Toi, femme enfin -chair embrasée-
comme moi tendue, arc d’extase,
tu révèles soudain ta grâce
et tes mains soûles de rosée (…)

Tes yeux appris aux paysages
je les apprends en ce matin,
immuable à travers les âges
et sans doute à jamais atteint.
Déjà les mots faits de lumière
se préparent au fond de nous;
et je sépare tes genoux,
tremblant de tendresse première.

(…) Où finis-tu ? La terre oscille ;
et toi, dans le fracas de monts,
déjà tu renais des limons,
un serpent rouge à la cheville ;
femme, tout en essors et courbes
et tièdes aboutissements,
lumière, et nacre, ombres et tourbes
faites de quels enlisements?”

(…) Ton torse lentement se cambre
et ton destin s’est accompli.
Tu seras aux veilleuses d’ambre
de notre asile enseveli,
vivante après nos corps épars,
comme une présence enfermée,
quand nous aurons rendu nos parts
de brise, d’onde et de fumée”.
Extrait du poème "Lespugue"
Dans l'Oeuvre poétique
NRF Gallimard 1997.

A lire très attentivement
un livre remarquable
"Robert Ganzo"
Un livre de Robert Maillard
Préfacé par B. Mermod
Editions Slatkine 2009.

Sans oublier de Pierre Citron
Aux éditions du "Castor Astral"
2005
"Robert Ganzo"

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