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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


jeudi 18 mars 2010

Bouleversant coup de théâtre. Woyzeck d’après Woyzeck. Une mise en scène de Gwénaël Morin, au théâtre de la Bastille (Paris), jusqu’au 2 avril.

Edvard Munch (1863-1944)
« Le cri »
À la Pinacothèque de Paris,
du 19 février 2010 au 18 juillet 2010

Mettre la vie dans l’art, et l’art dans la vie, le théâtre pourrait toujours faire cela : n’est-il pas, par définition, le plus « vivant » des arts ? Avec son « théâtre permanent », Gwénaël Morin a donné un sens particulièrement aigu à cette perspective.

Aux Laboratoires d’Aubervilliers, où il était en résidence pendant toute l’année 2009, sa compagnie s’est inventée une existence entièrement rythmée par le travail d’acteurs. Tous les deux mois, une nouvelle pièce était montée. Mais surtout, avant les représentations du soir et les répétitions de l’après-midi il y avait, chaque matin, des ateliers où les acteurs « transmettaient » leur rôle à des “amateurs” (ou professionnels) conviés à ces séances ouvertes. De ces ateliers émergeaient des propositions nouvelles qui faisaient évoluer les représentations dès le soir suivant. Car pour le « théâtre permanent », le spectacle est toujours en mouvement. Ainsi les Laboratoires d’Aubervilliers ont-ils vu naître des mises en scène d’une saveur très particulière : véritables échantillons de temps collectif ; expériences que le public partage bien plus qu’il n’en est spectateur.

Au théâtre de la Bastille (Paris), jusqu’au 2 avril, on peut aller voir la dernière création réalisée dans ce « cadre ». Il s’agit de la célèbre pièce inachevée de Büchner, Woyzeck d’après Woyzeck, écrite en 1837 à partir d’un fait divers : Franz Woyzeck, soldat misérable et exploité par ses supérieurs, tue un jour sa concubine Marie dont il a un enfant, après avoir découvert qu’elle est infidèle. Cette histoire de pauvreté et de détresse, Morin et ses comédiens la rendent plus vivante que nature. Je ne dis pas cela parce que le public y est enjoint à chanter « Ave Maria » ou à tapoter la scène avec des baguettes, mais parce qu’on a sans cesse l’impression de toucher du doigt la misère et la trivialité qui fondent la tragédie de Woyzeck.

Lire la suite très attentivement.
http://theatre.blog.lemonde.fr/2010/03/11/woyzeck-dapres-woyzeck-spectacle-vivant/

Photographie:
http://rom1kara.numeriblog.fr/Munch_sc.jpg

 

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