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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


mardi 22 septembre 2009

« La "jungle" de Calais évacuée devant les caméras »

LE MONDE 22.09.09 15h17
Jonathan Parienté et Laetitia Van Eeckhout

Les associations humanitaires dénoncent ce qu'elles appellent "un jeu de bonneteau européen". "Pour sortir de la loi de la jungle, il faut remettre le système d'asile européen sur pied en arrêtant de dénier aux personnes leur droit à une protection", relève Thomas Suez de l'association Terre d'errance.

Les organisations voient dans l'évacuation de la "jungle" une "manipulation" développée à grand renfort de publicité, qui, relève Vincent Lenoir de l'association Salam "permet au ministre de l'immigration, Eric Besson, de faire une démonstration de force sans trop de heurts". Mais qui, au final se révélera "inefficace et aggravera la situation des migrants".

Malgré les dénégations de M. Besson, qui affirme vouloir démanteler les réseaux de passeurs, les associations estiment que la destruction de la jungle ne peut que "livrer encore plus les migrants aux réseaux de passeurs, car contraints de se cacher, ils seront plus que jamais vulnérables à la loi des mafias". Depuis la fermeture, en 2002, du centre géré par la Croix-Rouge à Sangatte (Pas-de-Calais), par l'ancien ministre de l'intérieur on est passé à plus d'une quinzaine de campements qui s'étire sur la côte de la Manche. "Avec cette opération, on verra moins massivement les migrants, mais ils finiront par réapparaître", prédit un militant associatif.

Après avoir investi la jungle, 500 policiers ont séparé les majeurs et les mineurs : un bon nombre des migrants encore présents dans la jungle étaient en effet des enfants ou des adolescents, âgés d'au plus 16-17 ans. Un total de 278 migrants, dont 132 se déclarant mineurs, ont été interpellés, a indiqué le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian.

Entre les mains des policiers, beaucoup de ces enfants pleuraient, inquiets de leur sort. L'évacuation s'est passé assez rapidement (moins d'une heure), fermement et sans trop de heurts, si ce n'est quelques altercations entre la police et une trentaine de militants "No border". A peine avaient-ils été sortis du camp, trois bulldozers, plusieurs camions, une équipe de nettoyage spécialisée et une équipe de bûcheronnage arrivaient pour "rendre le terrain à son état naturel" , pour reprendre l'expression du ministre de l'immigration, Eric Besson.

Le préfet a indiqué, après l'opération de police, que les migrants majeurs ont été placés en garde à vue, alors que ceux qui se sont déclarés mineurs ont été placés dans des "centres spécialisés". Une centaine de places d'hébergement d'urgence dans le Pas-de-Calais a été mobilisé et quelque 500 dans le reste du réseau national.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/22/la-jungle-de-calais-evacuee-devant-les-cameras_1243571_3224.html#ens_id=1230610

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