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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


lundi 13 juillet 2009

La poétesse Martine Broda (1947-2009)

VINGT ANNEES

tu peux mentir

ton regard ne ment pas, ni la fièvre

le tremblement de tes mains

*
en allemand tu dis vrai Liebling

et tu ne diras pas aujourd'hui un autre jour peut-être

ich bin ganz verrückt nach dir

*
incompréhensible l'amitié
qui nous lie si fort

dans la haine et le feu d'Eros

*
jamais ensemble jamais séparés
nous avons vécu tout près

*
jeunesse
partagée

*
la gravitation
la gravité

(ce soir)

près du feu rallumé
tu regardes mon sexe

*
(vigne)
qu'elle est lente à mûrir

le vent de Ré soulevait tes cheveux

*
à vélo vers la plage un jour de grosse chaleur

*
ce jour-là tu m'as vue sortir de l'eau
tu as désiré mon corps

*
en Crète où je parle allemand (toi)
je rêve de toi tous les soirs

je rêve

que je retourne à Ré

*
tu es tendre tu es méchant

tu brûles en moi comme l'alcool

passionnément le rejet

l'interruption

*
c'est une île

dans le feu

http://www.maulpoix.net/broda.htm
La poétesse Martine Broda
Poète, essayiste et traductrice, Martine Broda est née en 1947 à Nancy. Elle a fait des études de lettres et de philosophie. Elle a été directeur de recherches au CNRS, dans une équipe sur la poésie moderne que dirige Michel Collot. Elle est décédée en avril 2009.

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/04/martine_broda.html

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Terres de femmes.

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