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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


lundi 2 février 2009

l’île Milliau

Ce n’était pas encore la nuit mais le ciel était de ce gris, les feuillages, les branches balayées par ce vent du premier jour de l’été. Plus tard, plus loin, il fallait croire à un concert de très grande classe, donné par l’orchestre d’harmonie du corps des sapeurs pompiers ou d’un bataillon d’infanterie de marine. Je me moque mais c’est à la boulangerie que j’ai entendu, dans l’après midi, la pluie, 35 cents de bonbecs, un baba au rhum à la chantilly, quelques malabars et des papotages à n’en plus finir .J’ai commencé à avoir à nouveau des vertiges, l’angoisse de tomber se rapprochait, doucement , puis, j’ai du trouver je ne sais où une cane fantôme sur laquelle je me suis appuyé, fortement. Tu sais, souvent, dans les films quand il faut aborder l’enfance pour éloigner la peur ,ils nous jouent du film en super 8, du 8 mm, de l’image muette, de la pellicule abîmée, tant passée, du bonheur, des sourires, des moments tendres, des papas et des mamans, des châteaux de sable … En général, ils coupent le son, il n’y pas ou plus de musiques, ni de paroles, juste le bruit mécanique du projecteur familial sur quelques minutes de douceurs un peu jaunies, rayées, mal filmées. Je ne sais pas comment je suis rentré mais j’ai du traverser un chemin de terre, escalader des éboulis de rochers, marcher sur du sable, des cailloux, j’ai entendu au loin les mouettes et comme c’était marée basse, j’ai continué jusqu’à l’île Milliau. Le temps était doux, humide, un peu comme aujourd’hui certainement mais j’ai du prendre un peu plus de temps à travers les fougères, les genêts, les ronces, pour atteindre le sommet. J’avais laissé la fenêtre grande ouverte, je ne sais plus où est maintenant cette cane qui m’accompagnait mais je me suis réveillé doucement. Le ciel était de ce gris, les feuillages, les branches balayées par ce vent de premier jour d’été, ce n’était pas encore la nuit. Au bord du lac répétaient les tambours, plus loin des cuivres, plus haut ou plus bas un voisin sifflotait gaiement sous une douche, des araignées magnifiques continuaient à tisser mon plafond, déjà un autre siècle. J’ai du changer de saison, j’ai vu la pluie s’effondrer, un volet mal attaché claquer aux vents, un gris, un autre, plus sombre et pourtant j’avais en tête "la chanson de Prévert".Sur une autre cane fantôme, je me suis à nouveau appuyé. Rue du Buisson Saint Louis, l’odeur des escaliers et de la rampe cirés du vieil immeuble, le "Marocain" de la rue Saint Maur où tu m’invitais régulièrement à déjeuner et le théâtre, plus bas, rue du Faubourg du temple où tu rêvais d’un jour de ton prochain " one man show ". Un jour, le rideau ne s’est plus levé, le seul public que j’étais fut remercié, dans la pénombre d’un cinéma sordide, une dernière fois, tu m’aurais embrassé même si je ne m’en souviens plus vraiment, je me suis réveillé, encore, doucement. Le ciel était de ce gris, les feuillages, les branches balayées par ce vent de premier jour d’été, ce n’était pas encore la nuit…
Photographie:
http://3.bp.blogspot.com/_a62bU-CLHrg/SYJD6jZs5jI/AAAAAAAAAOg/125-YeltCJw/s1600-h/2406415590_2fe389af88.jpg

http://manouvelleescale.blogspot.com/

cultu avec un p' tit c
Est de la même planète que vous.
Bah oui, j’ m'aime un little peu, beaucoup , passionnément, à la… etc…ETC… Alors comme j’ m' aime, j’ me vitrine en blOg pour distiller mes p' tites z’humeurs, mes z'humours (souvent ratés), mes z'amours, mes envies de potages, papotages… Et z’aussi, j’essaye d’écrire des p’tites histoires qui parfois trouvent un écho. Rien, d’autre ! Enfin, je sais , comme dirait mon divan. Non, je ne crois pas savoir. Je sais. Vraiment. J’insiste.


Salif Keita (Mali) – Tekere

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