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Curieux des empreintes et des chants laissés par les «transhumants », chanteur nomade moi-même, faiseur d’imaginaire, je file le temps et la "toile" au gré de multiples rencontres fraternelles. M’amusant de tout. Quoique souvent sérieux.

"Invente ! il n’est fête perdue au fond de ta mémoire. Invente les noirs béants de ce portail, l’ombre chaude à l’Equateur bue, et la foudre en tes mains reçue, ouverte comme un éventail"
(Extrait de « Langage » du poète Robert Ganzo 1898-1995)


dimanche 15 février 2009

La crise en Guadeloupe illustre un réveil historique, identitaire, de la société civile.

Julien Mérion, politologue, est professeur à l'université des Antilles-Guyane.
Pour lui, la crise en Guadeloupe illustre un réveil historique, identitaire, de la société civile.

"La société civile bouscule la classe politique"

LE MONDE 14.02.09 13h24 • Mis à jour le 14.02.09 21h06

On vivait depuis cinquante ans sous le paternalisme gaulliste. Nicolas Sarkozy n'est pas du tout dans cette démarche. Il est là pour appliquer une logique libérale, sans se soucier ni du haut ni du bas de la société. L'Etat providence est en train de s'écrouler sous nos yeux et la situation prend de revers la classe politique locale.

La classe politique locale n'a pas su anticiper la crise et elle n'a pas mesuré, dans ses premières déclarations, l'ampleur et la profondeur du mouvement. Elle vit la crise avec trois temps de retard : le premier, c'est le retard social. Les revendications qui ont été formulées n'avaient pas été prises en compte dans les orientations politiques et les budgets récemment définis.

Le deuxième, c'est un retard sur l'identité. Il apparaît évident que depuis une quinzaine d'années, l'émergence identitaire constitue l'une des clés de compréhension de cette société. Elle se substitue dans une large mesure au mouvement indépendantiste. C'est ce que la classe politique locale n'a pas été capable de porter.

Le troisième temps de retard, c'est celui de la responsabilité politique qui lui est propre. Depuis le référendum du 7 décembre 2003 sur l'évolution institutionnelle, on avait enterré le débat sur l'évolution du statut et sur la question de la responsabilité politique locale. Or les récents événements démontrent à merveille que l'un des points-clés de cette crise est le problème de la domiciliation de la décision politique.

Cette classe politique locale, gauche et droite confondues, a du mal à rétablir son équilibre. Elle est déstabilisée par rapport à cette forte poussée qui vient du bas. Mais une chose est certaine : rien ne sera plus jamais comme avant.

Propos recueillis par Béatrice Gurrey

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/02/14/la-societe-civile-bouscule-la-classe-politique_1155403_3224.html#ens_id=1146113

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